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Editorial Environnement-Éthique

 

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Puisque l'environnement est lié à l'éthique, car être nuisible à l'environnement, c'est être nuisible à tous les êtres, hommes et animaux, sans compter ceux que nous ne voyons pas, il est nécessaire pour améliorer notre rapport à l'environnement de suivre une certaine éthique, c'est-à-dire d'être vigilant à nous-mêmes et à tout ce qui n'est pas nous-mêmes.

Il existe une définition très ancienne de l'éthique, il y en a beaucoup d'autres, mais celle-ci a l'avantage d'être universelle et facile à comprendre. A chaque instant, avant d'agir, il suffit de se poser la question : est-ce que ce que j'entreprends est utile ou nuisible à moi-même et/ou aux autres. Être nuisible signifie ici : provoquer de la souffrance. 

L'éthique ne concerne pas que l'environnement. Les avancées technologiques ne sont pas nuisibles en soi, mais leurs applications peuvent l'être si les motivations ne sont pas honnêtes. Aujourd'hui, dans la confusion qui régit notre monde, l'égarement le plus nuisible est la cupidité/avidité, déclinée sous forme d'expansion à outrance, de besoin de domination, de possession aberrante, de compétition. Il y a bien d'autres méprises, comme la jalousie, l'orgueil et la haine... mais c'est l'avidité qui est la plus apte à épouser l'argent ou le pouvoir pour parvenir à ses fins. Toutes ces erreurs accumulées pendant des années, sans remise en question, conduisent à une régression de la conscience.

Quand la conscience fait défaut, on s'arroge alors le droit de tromperie (publicité mensongère, infox), de menace, d'espionnage (le contrôle facial en Chine, la mise en fichiers partout dans le monde à des fins marchandes ou politiques, la gestion du personnel dans les entreprises), de malveillance (engrais délétères, virus informatiques), de détournement (paradis fiscaux, révisionnisme)... Le besoin de bruit est si ancré que le silence génère un mal-être et même de l’angoisse, de sorte que les supermarchés et les restaurants ont pris l’habitude de diffuser de la musique d'ambiance.

Glanés dans le puits sans fond, voici quelques exemples d’ignorance (de la vie) à but lucratif : les groupes qui dominent internet récoltent les adresses afin de les vendre, réduisant chacun en un objet commercial d'une certaine valeur marchande. Les publicitaires, même s’ils répondent à un besoin d’information, saturent de niaiseries l'espace public réel ou virtuel, rendant de plus en plus étroit l'espace de silence nécessaire au progrès spirituel... 

Les petites nuisances rencontrées dans la vie quotidienne sont des tronçons d'une longue trajectoire dont il est instructif d’étudier l’aboutissement. La vigilance sur les nuisances ponctuelles doit se doubler d'une vigilance qui embrasse toute leur trajectoire, qui examine sur quelle ligne elles se positionnent et à quel monde elles conduisent. Il y a des trajectoires en impasse, comme celles qui nuisent au climat, d'autres trajectoires génèrent un étouffement global, comme les jalons de la dictature. Pour cette dernière, parmi les nuisances ponctuelles on peut citer l'espionnite, la délation institutionnalisée, la censure, le favoritisme, la répression policière, les révolutions sanglantes, etc. Cette vigilance doit s'appuyer sur la compréhension de la loi d'interdépendance plutôt que sur des arguments restreints qui peuvent être contredits et dépassés ad nauseam.  

Il est temps de prendre en considération ( ce qui est déjà fait chez certains individus, publics ou anonymes ) une notion de progrès qui soit compatible avec le développement de la conscience plutôt que de l'étouffer dans l'illusion d'une surenchère matérielle dont il n'est plus permis d'ignorer qu'elle mène à la destruction. Cela a été dit de nombreuses fois par des personnes très diverses qui ont beaucoup de mal à émerger dans l'océan d'avidité matérielle qui couvre les esprits. Je salue le travail des civils, de l'écologie pacifiée, des gens de bon sens et des associations qui, en dépit de la loi du plus dur, du plus riche et du plus malin, défendent la liberté de choisir et d'être humain, dans sa signification la plus haute, une connaissance de la vie foncièrement liée à l'ouverture, l'altruisme et la compassion.

 

 La technologie sans la conscience est un bateau ivre

 

Syénten     

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